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Activités & développement

 

Siguiri a une population de 337 393 habitants (recensement de 2003)

Elle dispose de très grandes potentialités économiques dues à ses ressources du sol (agriculture, élevage), de ses cours d'eau (ressources halieutiques), et de son sous sol (or, calcaire, agrégats et matériaux de construction).

Traversée par la route internationale Kankan- Bamako, et zone d'échange et de transition, Siguiri représente la porte ouverte de la Guinée sur le Marché Malien. La ville est située à seulement 212 km de Bamako.

La 2ème activité est l'agriculture, favorisé par l'existence de plaine et de bas-fonds propices à la culture maraîchère.

Exploitation artisanale de l'or 

La région connaît actuellement un essor de la production de coton, avec la mise en place d'une nouvelle usine d'égrenage de coton

L'exploitation d'or est la première source de revenus monétaires, et la première activité de la région. L'or de Bouré est réputé être l'un des meilleurs au monde. Il fut l'objet d'un commerce florissant pendant le Haut moyen Age à destination des cités caravanières de Tombouctou, du Maroc, l'Égypte, et de l'Espagne. 

Agriculture :

L'exploitation de l'or et l'agriculture emploie la majorité des actifs.

Les principales cultures sont le riz, le mais, le mil, le sorgho, l'igname, la patate, le fonio... auxquelles il faut ajouter les légumes et certaines plantes fruitiers, telles que le manguier, les agrumes, le papayer... De façon générale, l’agriculture se pratiquait sous deux formes distinctes : la culture intensive et extensive.

Culture intensive : Elle a été généralement l'occupation des femmes dans leurs travaux de jardinage ou "Nako". Autour des cases se succèdent les cultures de maïs hâtif et du tabac. Le premier jouant un rôle important dans les périodes de soudure et le second dès la récolte du maïs.

L'agriculture traditionnelle

Culture extensive : Elle a lieu dans les champs peu éloignés du village et est d'une manière générale le travail des hommes tandis que les enfants s'occupent des travaux de surveillance et les femmes des activités auxiliaires telles que le désherbage, le binage, la recherche de bois de chauffe... Les terrains exploités pendant deux années doivent être mis en jachère. Ce Système fertilisait à nouveau le sol.

Rappelons que parmi les deux types de cultures, c'est la culture extensive qui est la plus généralisée dans la région.

Grenier utilisé pour conserver les produits de la récolte

La collectivisation des travaux agricoles s’est imposée comme un puissant moyen pour ces communautés de dominer la nature à une période ou les instruments sont rudimentaires. Par manque de charrue et de tracteur, les paysans de Siguiri faisaient le labour à la daba. Ils connaissaient l'alternance des cultures, l'utilisation des engrais locaux. Tous les travaux agricoles sont effectués en groupe d'individus, en famille, en classe d’âge, lesquels organismes et disciplines font des prestations de service ou des entraides.

On peut citer entre autres le "wourandian", le "sisé sénè ", le "ba sénè ". En effet, les paysans obéissent à un programme d'activité leur permettant de s'organiser dans les travaux agricoles.

Depuis la période coloniale, Siguiri était considéré comme un important centre de production céréalière, notamment le riz.

La réalisation à cette époque de nombreux barrages hydro agricoles : Nafadji, Draguéda (sous préfecture de Bankon), Siguiri Centre et Tiguibiry (commune urbaine), Togui-Woulé et Konomakoura (sous préfecture de Kiniebakoura) ainsi que Damisakoura (sous préfecture de Nyandankoro), sont là pour illustrer cette affirmation.

A cette époque, la quantité de riz commercialisée par la Société Indigène de Prévoyance (SIP) atteignait annuellement les 16.000 tonnes.

Si cette production avait été maintenue après l'indépendance, sans nul doute que Siguiri serait aujourd'hui l’un des greniers de la Guinée et, pourquoi pas, de l'Afrique de l'Ouest.

La chute de la production enregistrée au cours de ces trente dernières années s'explique par l'introduction de systèmes de production inadéquats qui n'ont jamais mobilisé les producteurs. A l'arrivée, le découragement et le désengagement des producteurs et la chute de la production.

Aujourd'hui, il s'agit de relancer la production sur de nouvelles bases, plus

Dynamiques et plus performantes.

Les statistiques disponibles, fournies par les Services techniques compétents indiquent l'existence des potentialités suivantes (1):

Désignation

Plaines

aménagées

Plaines non

aménagées

Bas-fonds

1

Commune urbaine

 967ha

 553 ha

Non recensée

2

 Bankon

1.1 61 ha

1.389 ha

-//-

3

 Kiniebakoro

314 ha

non recensée

-//-

4

Nyandankoro

590ha

-//-

-//-

5

Norassoba

néant

1.000 ha

 520ha

6

 Franwalia

-//-

néant

500ha

7

Doko

-//-

-//-

109ha

8

 Siguirini

-//-

-//-

622ha

9

 Nyogassola

-//-

-//-

610ha

10

Totaux =

3.032 ha

2.942 ha

2.361 ha

[1) - Source : Programme de Développement Rural de Siguiri, phase 2 (PDRS 2).

Ce tableau ne comporte pas Ies données concernant Ies bas-fonds des sous
préfectures de Naboum, Maléa et Kintinian.

Ne sont pas également mentionnées dans le tableau, Ies grandes superficies de plaines des deux rives du Tinkisso (localités de Fifa, Waran et Nyandankoura).

Par ailleurs, il existe d'importantes superficies de plaines non aménagées situées sur la rive droite du Niger dans les localités de Togung, Kiniebakoro, Fode-oulembougou, Manakoro, Bafelebougou, Dankakoura et Sougoula.

D'immenses étendues de terres fertiles sont disponibles dans toutes Ies sous
préfectures, elles sont très propices à toutes sortes de cultures : mais, mil, sorgho
manioc, igname, fruits, ....

Toutes ces potentialités indiquent que la préfecture de Siguiri dispose de tous le; atouts pour gagner la bataille du développement socio-économique.

Femmes dans un champ de Coton

Cultures industrielles : le bilan réalisé par la CFDT dans la culture cotonnière est particulièrement encourageant.

La culture des agrumes connaît beaucoup de progrès, surtout dans Ies localités riveraines du Niger et du Tinkisso.

Cultures fruitières : Depuis 1975, la culture fruitière connaît un essor prodigieux dans tous Ies villages de la préfecture de Siguiri. Des centaines d'hectares sont couverts de plantations de manguiers.

Ces plantations représentent des sources de revenus non négligeables pour Ies producteurs et équilibrent en partie l'alimentation de la population.

Avec le rythme actuel de leurs activités, les planteurs risquent de se retrouver dans un proche avenir, dans une Position critique : la surproduction.

Les grands préjudices découlant d'une telle Situation auront des conséquences néfastes sur la production et risquent de grever la maigre bourse des producteurs.

Pour éviter une telle mésaventure, on peut dès maintenant envisager Ies solutions suivantes :

1)-Trouver de nouveaux débouchés pour l’écoulement des quantités invendues sur le marché local.

2)- Livrer les quantités excédentaires à une entreprise ou une usine de transformation.

Dans l'immédiat, la coopérative des planteurs a intérêt à engager les démarches nécessaires pour garantir la production et les revenus des planteurs.

Sur le plan organisationnel, la coopérative doit couvrir tout le territoire préfectoral en créant ses antennes dans toutes les sous préfectures.

II y a également le problème d'acquisition du matériel d'équipement (fils de fer

Barbelés, pompes insecticides, engrais, produits phytosanitaires ....). 

Cultures maraîchers : Le maraîchage est une pratique multiséculaire à Siguri qui connaît, depuis une quinzaine d'années, beaucoup de succès dans toute la préfecture.

Les paysans sont organisés en groupements dans la zone périurbaine et dans la sous-préfecture de Kiniebakoura. Ces groupements sont installés dans les localités de Dankakoro, Djilengbè, Falama, Tiguibiry, Kiniebakoro, Nyandankoura et Togui-woulé.

Le manque d'équipements adéquats limite considérablement leurs activités. Leurs besoins en matière d'équipements sont des motopompes, des fils de fer barbelés, des engrais, des insecticides...

Culture de la pomme de terre : Divine surprise, la culture de la pomme de terre a été expérimentée avec succès à Siguiri.

L'expérience a été tentée et réussie par deux maraîchers Sékou Gakou et Sidiki Sano, ce dernier plus connu sous le sobriquet de Sidiki Bonagui. Ils ont expérimenté une quantité de semence de 375 kg et ont récolte 10.728 kg de pomme de terre.

Après avoir tiré toutes les leçons de cette prometteuse expérience, nos braves pionniers veulent renouveler leur action. Pour cela, ils ont pris toutes les dispositions nécessaires et les travaux ont démarré le 04 novembre 1995.

Matériel d'équipement et intrants nécessaires :

- motopompes,

- fils de fer barbelés

- petits outillages

- engrais

- produits phytosanitaires

Élevage : La préfecture de Siguiri dispose de toutes les conditions nécessaires pour un développement de l'élevage. Avec ses immenses étendues de pâturages, ses eaux très poissonneuses et ses nombreux mares et étangs, Siguiri figure parmi les zones les plus favorable aux trois types d'élevage : l'élevage du bétail, de la faune halieutique et de la volaille.

Les statistiques existant au niveau de la Direction préfectorale de l'Élevage sont assez révélatrices:

-bovins : 112.650 têtes

- ovins : 23.456 -"-

- caprins : 20.763 -"-

- porcins : 31 -"-

II faut préciser que l'élevage a toujours conservé sa forme et son contenu traditionnels.

L'aviculture : Ce type d'élevage n'est pas développé dans la préfecture.

Au centre urbain fonctionnent trois fermes avicoles qui sont confrontées à de pires difficultés dans leur fonctionnement dues au manque d'équipement adéquat.

L'alimentation de la volaille constitue à elle seule un problème.

La réussite de ces fermes sera déterminante dans le développement de l'aviculture dans toute la préfecture de Siguiri.

L'apiculture : Réputée pour la grande qualité de son miel, la préfecture de Siguiri peut tenter avec succès l'apiculture moderne.

Actuellement, les plus importants centres de production du miel sont la sous-préfecture de Kiniebakoura et la commune urbaine.

Sa production est toujours faite suivant les méthodes traditionnelles, ce qui est très préjudiciable aux abeilles qui sont détruites en grand nombre à l'occasion de la récolte.

Pour introduire et développer l'apiculture moderne dans la préfecture, les apiculteurs peuvent expérimenter les ruches N'Gabou exploitées avec succès dans la préfecture de Gaoual.

Cette génération de ruches, très performantes, ne présente aucun danger contre la vie des abeilles.

La pisciculture : Ce genre d'élevage, hautement rentable, n'est pas pratiqué dans la préfecture. Pourtant, des conditions favorables à son introduction et à son développement rapide s'y trouvent : nombreuses mares, étangs, ....

Son introduction nécessite un investissement pour l'aménagement des sites retenus
(curages, reboisement des abords des mares ou étangs choisis) et l'acquisition du
matériel d'équipement nécessaire.

Dans la seule commune urbaine, il existe six mares et deux barrages hydro agricoles qui présentent un certain intérêt halieutique. En effet, ils permettent une meilleure maîtrise des eaux de retenue pour la ponte et le développement de la faune halieutique.

La récente restauration du barrage hydro agricole de Kérékoro (Tiguibiri) par Ie projet de développement rural de Siguiri. II constitue un acquis de poids.

Artisanat : Autrefois réputée pour la grande qualité de ses produits artisanaux, la préfecture de Siguiri présente aujourd'hui un constat troublant : l'artisanat traditionnel disparaît progressivement au profit des petits métiers et l'orpaillage artisanal.

Aujourd'hui, il est assez rare de trouver sur Ie marche les vans bien dessinés, les fourreaux de sabres, les fauteuils et chaises en bambou, les belles "baguettes de la cuisinière"-ou encore les calebasses et louches gravées.

Pour limiter les dégâts, il est temps de prendre des mesures pour revaloriser la profession et les produits artisanaux. Faute de quoi, nous assisterons dans un proche avenir à la disparition totale d'une importante partie de notre patrimoine culturel traditionnel.

Beaucoup d'enfants abandonnent l'école, faute de moyen, pour faire le pousse-pousse (wotoroni)

Commerce : II n'existe pas dans la préfecture de Siguiri des commerçant import-export ou des grossistes dans Ie sens commercial du terme. C'est pourquoi, tous les prix sont uniformes sur toute l'étendue au territoire préfectoral. Tous les commerçants sont des détaillants.

Le monopole du commerce des produits pétroliers est détenu par trois commerçants qui disposent d'installations modernes à cet effet.

Les fréquentes ruptures de Stocks enregistrées ces derniers temps dans Ie circuit de distribution grèvent considérablement la bourse des automobilistes et propriétaires d'engins à deux roues qui représentent l'essentiel de la clientèle locale.

Ces ruptures de Stocks dépendent en grande partie de l'état défectueux des routes Kankan-Siguiri et Kouroussa-Siguiri.

Industrie : Aucune unité industrielle ne fonctionne dans la préfecture de Siguiri

CONCLUSION

Classée dans la catégorie B des communes urbaines du pays, Siguiri occupe incontestablement !e dernier rang des communes de sa catégorie sur le plan du développement socio-économique et socioculturel.

Particulièrement bien dotée par la nature en richesse du sol et du sous-sol, la ville de Siguiri se débat avec désespoir dans d'énormes difficultés:

- réseau routier urbain mal assaini

- manque de moyens pour créer et faire fonctionner un service de voirie et de la salubrité publique ;

- manque de moyens financiers pour la création et le fonctionnement du service de la voirie communale.

Par ailleurs, de multiples inondations causent d'importants dégâts matériels chaque année aux habitants des quartiers de Siguiri-Koura 1, Siguiri-Koura 2 et Bolibana 2 riverains de Farani. Pour circonscrire ce fléau, il est nécessaire de procéder à un aménagement conséquent de Farani. Le coût global d'un tel projet est estime à plus de 200.000.000 Francs Guinéens.

Enfin, la rénovation des grands espaces de la ville (marché urbain, gare routière principale) est bloquée faute de financement.

 
 

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