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Sierra Leone |
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Premières élections depuis le départ des casques bleus Quelque 2,6 millions d’électeurs
sierra-léonais sont appelés à choisir, parmi sept candidats, un successeur au président sortant Ahmad Tejan Kabbah et désigner 112 des 124 députés du Parlement de Freetown. De l'avis général, si la campagne a été marquée par quelques violences, ces premières élections depuis le départ des casques bleus en 2005 ont été bien préparées. Quelque 350 observateurs internationaux surveillent le scrutin. Plusieurs milliers d'observateurs sierra léonais sont également sur le terrain. La Sierra Leone est un des pays les plus pauvres du monde qui cherche à se remettre des effets dévastateurs de la guerre civile qui a fait 120 000 morts, entre 1991 et 2001 Le vice-président sortant, Solomon Berewa, du Parti du peuple de Sierra Leone (SLPP) au pouvoir est habituellement présenté comme le favori de ces élections. Ernest Koroma, chef du principal parti de l’opposition, le Congrès de tout le peuple (APC), ainsi que Charles Margai, dissident du SLPP, sont également très populaires. Pour être élu dès le premier tour, un candidat devra obtenir au moins 55% des suffrages ce samedi. Mais tout porte à croire qu’un second tour, probablement en septembre, sera nécessaire pour que le successeur d’Ahmad Tejan Kabbah puisse être choisi. Le président sortant, au pouvoir depuis 1996, ne peut se représenter après deux mandats. Pour le Parlement, il s’agit d’un scrutin majoritaire à un tour. Si la campagne électorale a été émaillée par des violences ponctuelles, les quelque 350 observateurs internationaux sur place veilleront à ce que le scrutin se déroule dans les meilleures conditions. De plus, le National Electoral Watch regroupant 5 400 observateurs de différentes ONG est là pour veiller. Tout au long de la journée, ceux-ci seront chargés de faire le tour des 6 176 bureaux de vote pour recenser les incidents. Ils constateront aussi les résultats dès que le dépouillement sera achevé dans chaque bureau, cela afin de, notamment, faire parvenir des informations à un réseau de radios indépendantes qui rendront publics les premiers résultats partiels. Frances Fortune, responsable du National Electoral Watch, a expliqué à l’envoyé spécial de RFI, Cyril Bensimon, où en est l'état de la démocratie en Sierra Leone et de quelle manière il a évolué depuis la fin de la guerre civile. «Tout le monde s'inquiète de la violence qui pourrait surgir lors d'affrontements entre groupes rivaux. Un de nos défis est donc de faire en sorte que cette élection se déroule sans violences.» Frances Fortune Parmi les observateurs internationaux déployés sur place, l'Union européenne a dépêché une équipe de 86 personnes dirigée par Marie-Anne Isler-Béguin. «A nous de mettre en place le maximum de garanties pour permettre une élection crédible ici, pour que les résultats soient acceptés.» Marie-Anne Isler-Béguin Des ressources minières importantes Ancienne colonie britannique, indépendante depuis 1961, la République de Sierra Leone est un des pays les plus pauvres de la planète, avec un produit national brut de 220 dollars par habitant. Cet Etat figure en 176e et avant-dernière position (devant le Niger) de l’indicateur de développement humain du programme des Nations unies pour le développement (PNUD). Selon la Banque mondiale, 70% des 5,7 millions de Sierra-Léonais vivent avec moins d’un dollar par jour. Le chômage atteint 60% de la population active de ce petit pays (près de 72 000 kilomètres carrés) qui dispose, néanmoins, d’importantes ressources minières : diamants, or, bauxite et titane. Les observateurs soulignent que la guerre civile qui a ravagé le pays de 1991 à 2001, faisant 120 000 morts, a été financée en grande partie par le trafic de diamants. Ce conflit était directement lié à celui qui a dévasté le Liberia voisin. En 2006, la Sierra Leone a pu exporter 125 millions de dollars de diamants, mais la contrebande aurait rapporté trois fois plus, selon l’organisation Peace Diamond Alliance qui fait campagne contre les « diamants de guerre ». La Sierra Leone est également un des pays les plus corrompus du monde. Les élections de ce samedi sont aussi un test de première importance pour les investisseurs étrangers.
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