Siguiri-Info.com

width="298" height="27">


 
 

Mondial 2006

Zinédine Zidane, le retour du maestro

 «Un Zidane exceptionnel. Passement de jambes, feintes, roulettes, coup du sombrero, il a tout réussi sous le regard impuissant des artistes brésiliens.»

On voit bien qu'il n'a plus 20 ans mais 34 dans quelques jours. Mais, il a fait taire les sceptiques, ceux qui commençaient à remettre en cause son statut de titulaire chez les Bleus. Non, Zidane n'est pas fini. Et lui qui affirmait avoir très envie de disputer sa dernière Coupe du monde l'a montré sur le terrain

Zizou reste le maître à jouer de l'équipe de France. Un maestro qui tente de donner le tempo et de distribuer le jeu. Plusieurs fois, il a adressé des ouvertures à Thierry Henry. Si le Gunner n'en a pas toujours profité, ce n'est pas la faute du futur retraité. Il a également beaucoup combiné avec la nouvelle coqueluche des Bleus, Franck Ribéry.


Le chef d’œuvre de Francfort
Samedi, Zidane a écrit un nouveau chapitre de son histoire en bleu. L’un des plus beaux à n’en pas douter même si l’on espère qu’il garde le meilleur pour l’épilogue. Tout de blanc vêtu, n° 10 sur le torse et brassard de capitaine au biceps, le torero tricolore avait mis son habit de lumière pour se jouer des coups de cornes des redoutables taureaux brésiliens devenus d’inoffensives vachettes dans l’arène de Francfort.

La compile de Zidane

 
Roulettes, contrôles orientés, passements de jambes… Zizou a usé de tous ses grigris. Comme s’il voulait réaliser une dernière compilation de ses plus beaux gestes au cas où l’aventure devait se finir à ce stade des quarts de finale. Mais les supporters des Bleus ont vite compris qu’ils auraient droit à du rab. «Zizou a tout fait ce soir. Il a été brésilien», confiait un William Gallas plein d’admiration après le match. Une offrande aussi inédite que décisive pour Henry lui a permis de prolonger sa carrière de deux matches. Une demie et une finale ou une demie et un match pour la 3e place ? «On va essayer d'aller chercher notre place en finale. On n'a pas envie de s'arrêter là, c'est tellement beau qu'on veut continuer», lançait le Marseillais après sa démonstration face aux coéquipiers de Ronaldo. L’attaquant brésilien, déjà victime de son ancien coéquipier en 1998 tout comme Roberto Carlos et Cafu, ne se plaindra pas de ne plus avoir l’occasion de croiser la route du Français en compétition internationale. Les Portugais, eux, auront encore le bonheur, ou peut-être le malheur, de l’affronter mercredi prochain.
Lui, que l’on disait en bout de course après des matches de préparation et des débuts contre la Suisse inquiétants, attendait son heure comme l’explique son complice Willy Sagnol. «! Il a énormément travaillé pendant les matches de préparation. Il a fait beaucoup de travail individuel en plus du travail collectif à Tignes puis à Clairefontaine. Forcément cela allait payer un jour et c’est ce qui est en train de se passer», analyse ainsi le Munichois plein d’admiration. «Je lui dis bravo pour tous les sacrifices qu’il a fait et tout le travail qu’il a réalisé parce que, accumuler toutes ces séances de travail à 34 ans, ça n’a pas dû être évident. On est vraiment heureux qu’il ait changé d’avis l’année dernière.» De l’avis de nombreux spécialistes présents à Francfort samedi, on n’avait plus vu un Zidane aussi étincelant sous le maillot bleu depuis la demi-finale de l’Euro 2000 remportée face au… Portugal. Auteur du but en or qualificatif pour la finale sur penalty, le Madrilène avait sorti le grand jeu à Bruxelles.

Après son chef d’œuvre de Francfort, tous les amoureux du football croisent désormais les doigts pour que Zidane récidive à Munich. «Au cours des dix dernières années, il a été le meilleur joueur du monde», rappelait, il y a quelque temps, le Roi Pelé qui pourrait formuler sa pensée au présent. Quant à Franz Beckenbauer, il se demande bien «pourquoi il (Zidane) veut arrêter alors qu'il est aussi bon qu'il y a quatre ans. S'il joue si bien, il doit continuer». Conscient qu’il faut toujours écouter les conseils de ses glorieux aînés, Zizou aura à cœur des les suivre, pour deux rencontres encore.

HOMMAGES unanimes pour la performance majuscule de Zidane samedi soir. Eric Abidal : «Il a été extraordinaire. Quand je n'étais pas pro, il me faisait rêver. Aujourd'hui, il continue à me faire rêver alors que je joue à ses côtés. Moi, je lui prends la tête pour qu'il signe un an à Lyon.» Fabien Barthez, pour une fois, très disert : «J'ai du mal à qualifier le match de Zidane. Il n'y a pas de mots. Quand je le vois faire un match comme ça, je dis que c'est un gâchis d'arrêter.» Le sélectionneur du Brésil, Carlos Parreira, plus bref mais tout aussi explicite : «Zidane était partout.» Et la presse étrangère n'est pas en reste. Le quotidien sportif espagnol Marca titre : «Ne prends jamais ta retraite.» L'italienne Gazzetta Dello Sport parle de «Zizou le magicien» qui a fait «une prestation de légende».

Pourtant, tous les superlatifs sont faibles pour rendre compte de la prestation de Zidane. Samedi, pour sa dixième rencontre en phase finale de Coupe du monde, le meneur de jeu des Bleus a peut-être livré son meilleur match dans un Mondial. Plus complet encore que lors de la finale 98 où il avait surtout ébloui avec ses deux buts de la tête. Quatre jours après un match très réussi contre l'Espagne, Zizou a encore haussé son niveau de jeu. Il a régalé tout le monde avec des ouvertures au millimètre et des passes décisives en pagaille. Comme un symbole, c'est sur l'un de ses coups francs que Thierry Henry embusqué au second poteau a marqué le but libérateur. On ne pourra plus dire que les deux surdoués ne sont pas faits pour jouer ensemble. Mais avant ou après, il a trouvé les yeux fermés ses équipiers. Une fois, c'était Ribéry, l'autre Vieira ou Abidal.

Surtout, pour la première fois pendant ce tournoi, il a fait la différence individuellement. Quand il a donné un excellent service à Vieira en fin de première mi-temps, il venait de se débarrasser de deux Brésiliens grâce à une roulette. Les contrôles orientés qu'il faisait sur place lors des matchs précédents, il les a exécutés en mouvement. Bref, ce week-end, Zidane avait rajeuni au moins de six ans. On l'a retrouvé aussi fringuant qu'à l'Euro 2000 où il avait dominé les débats.

On verra mercredi si ce bon travail foncier doublé d'une grande confiance en soi lui permet de qualifier la France pour la finale de la Coupe du monde.

Le Figaro magazine

Page d'accueil>>>

                    
    
                page d´accueil   contact        

                         
Copyright © 2005 Webmestre @Siguiri-info.com.. Tous droits réservés 2005©