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Mali

Six personnes écrouées dans "l'affaire de la maîtresse du président"

Le président ATT

Cinq journalistes, dont quatre directeurs de publication, et un enseignant ont été écroués au Mali pour "offense au chef de l'Etat" ou "complicité", provoquant jeudi surprise et indignation dans un pays considéré comme un des plus démocratiques du continent.

Ces incarcérations ont provoqué un vif émoi chez les organisations de défense de la liberté de la presse, notamment Reporters sans frontière (RSF) qui a évoqué une "République autoritaire, percluse de tabous et dangereuse pour ceux qui se montreraient irrévérencieux envers un chef de l'Etat intouchable".

L'affaire a débuté avec l'arrestation le 14 juin de Seydina Oumar Diarra, journaliste au quotidien Info-Matin, à la suite de la publication le 1er juin d'un article, accompagné d'une caricature, intitulé "La maîtresse du président de la République".

Dans cet article, M. Diarra reprenait un sujet d'exercice littéraire donné par un enseignant d'un lycée de Bamako, Bassirou Kassim Minta, à ses élèves et qui évoquait les frasques d'un président d'une République imaginaire.

Les deux hommes ont été écroués et inculpés pour "offense au chef de l'Etat", le jour même de leur interpellation.

Mercredi, l'affaire a été relancée avec l'inculpation et l'incarcération pour "complicité d'offense au chef de l'Etat" de quatre directeurs de publication.

Il s'agit de Sambi Touré (Info-Matin), Birama Fall (Le Républicain), Alexis Kalambry (Les Echos), et Mahamane Haméye Cissé de l'hebdomadaire Le Scorpion. Toutes ces publications, proches de l'opposition, avaient repris et commenté le fameux texte.

Les six personnes doivent être jugées le 26 juin.

Mais jeudi, les critiques ont fusé contre le pouvoir. "Le général ATT (Amadou Toumani Touré, président de la République), déclare la guerre à la presse malienne", titrait le quotidien privé L'Indépendant.

"Un poignard dans le dos de la presse ", titrait de son côté le bi-hebdomadaire L'Observateur pour qui "jamais au Mali, la presse n'a connu pareille situation".

L'hebdomadaire privé La Nouvelle République accuse, pour sa part, le procureur de "zèle". "Tout porte à croire que Sombé Théra, (le procureur du tribunal de la commune 3 de Bamako) ne s'arrêtera pas en si bon chemin et qu'il écrouera d'autres journalistes", écrit l'hebdomadaire.

Selon une source judicaire, le procureur s'est "auto-saisi" de l'affaire, au motif que l'article est "tendancieux" et que ses auteurs et co-auteurs "tombent sous le coup de la loi".

"Mettre en prison un journaliste n'est jamais une bonne chose", a déclaré à l'AFP Mamadou Samaké, sociologue, rappelant que "le Mali est un pays-phare en matière de liberté de la presse".

           MALI - 22 juin 2007 – AFP                                                               

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