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Géographie & Populations

 

Présentation:

locator map of Siguiri

Siguiri appartient à la région naturelle de la Haute - Guinée (le Mandingue), située au Nord-Est de la Guinée. Une région caractérisée par une végétation de savane arborée et des plaines arrosées par le fleuve Niger et ses affluents.

Elle est située à 798 km de Conakry, la capitale, à 133 Km de Kankan, le chef lieu de la région administrative, et à 212 Km de Bamako (Mali). Elle englobe la commune la commune urbaine de Siguiri et 12 CRD (communautés Rurales de Développement) et 129 districts.

Au point de vue superficie, Siguiri est la deuxième préfecture de la Haute Guinée après Kankan. Elle s'étend sur 23.377 km2 (environ 1/10 du territoire national) avec une Population de 2M.016 habitants Sa densité est de l i habitants au km2.Elle a une population de 337 393 habitants (recensement de 2003)

Elle est limitée au :

-         Nord et à l'Est par le Mali

-         À l'Ouest par la préfecture de Dinguiraye et de Kouroussa

-         Au Sud par la préfecture de Kankan et de Mandiana

Le climat :

Il est tropical, de type soudanien avec une température moyenne de 28°C pendant la saison sèche de fin octobre à fin mai, . L'harmattan, vent sec et froid souffle de novembre à Janvier, période pendant laquelle la température baisse de 40°C à 25°C.

Quant à la saison des pluies, elle commence généralement dans le courant du mois de mai et se caractérise à ses débuts par de nombreuses tornades. Le vent souffle avec violence, renversant parfois les toitures de maisons, cassant des branches, des arbres... Malgré tout, le total annuel des précipitations enregistrées excède rarement 1.500 mm.

Information annuelle sur la pluviométrie et la température

MOIS

Température o C

Pluviométrie totale indicative (mm)

Nombre indicatif de jours de pluie

Minimum journalier

Maximum journalier

Janvier

16.5

33.5

0.1

1

Février

19.5

35.9

2.0

1

Mars

22.4

37.6

4.6

1

Avril

24.3

37.7

32.4

3

Mai

23.7

35.5

91.4

8

Juin

21.8

31.9

170.1

12

Juillet

21.0

29.8

265.1

16

Août

21.0

29.3

319.2

18

Septembre

20.7

30.3

242.1

16

Octobre

20.8

32.5

102.0

8

Novembre

18.6

33.9

8.8

1

Décembre

16.6

33.0

0.7

1

Source:www.worldweather.org

Végétation :

Le climat tropical donne naissance à un type particulier de Végétation connu sous le nom de savane arbustive caractérisée par des hautes herbes, des arbres à feuilles caduques (adaptation à la sécheresse) et aux troncs rugueux (adaptation au feu de brousse). Parmi ces espèces végétales, nous trouvons : le karité (butiro spermumparü), le caicedrat (Khaya senegalensis), le se (Macrolobium), le lingué (Afzelia africana), le mana (Lophira Alata), le gbén (Pteroscarpus euroncanus), le kolokolo (Afromosia laxiphora), le sandan (Daniela oliveri), le quinqueliba (Combretum mycrantum), le néré (Parkia biglobosa), le tali (Eryticrophleum guineensis), le sagba (Harugana madagascarensis).

La faune :

Elle est très riche, on y rencontre toutes les espèces animales du lièvre à l'éléphant en passant par le lion, le buffle, de nombreuses espèces d'antilopes, de panthère et d'autres félins de petite taille. L'hyène, le phacochère, le fourmilier, le pingouin, le cynocéphale de nombreux rongeurs, le singe vert et d'autres espèces de guenons.

S'agissant de la faune aquatique, il faut citer les crocodiles, l'hippopotame entre autres.

L'hydrographie :

Le réseau hydrographique est assez abondant et (es principaux cours d'eau sont le Niger, le Tinkisso et leurs principaux sous affluents. Le Nord est arrosé par le bakoye et son affluent le Kokoro. On y trouve également de nombreux marigots et rivières, dont les principaux sont le Foyin et Ynan (sous-préfecture de Norassoba), Kada (Nyandankoro) Keérékoro (commune urbaine), la Koba et Nounoun (sous-préfecture de Doko).

Relief et sol:

Le sol de la préfecture de Siguiri est alluvionnaire, caractérisé par une accumulation de limon et de concrétions ferrugineuses en profondeur. De par sa richesse, c'est un sol qui répond à la vocation de la population de Siguiri dont près des 90 % sont des agriculteurs.Le Sol est généralement argileux et recouvert en grande partie de latérite. On distingue trois grandes zones :

- La zone de hauts plateaux au Nord dans les sous-préfectures de Kintinian, Doko et Nyagassola. L'altitude moyenne est de 550 m ;

- La zone de massifs montagneux qui semble être le prolongement des derniers contreforts du Fouta-Djallon : Maléah, Siguirini et Nabou ;

- La troisième zone est caractérisée par un sol argileux recouvert en partie de latérite : Siguiri Centre, Kiniebakoura, Nyagassola, Norassoba, Kintinian et Franwalia.

On trouve de l'or un peu partout dans la préfecture, mais surtout les hauts plateaux du Nord ou se localisent les anciennes et célèbres provinces aurifères du Bouré et du Sèkè (aujourd'hui sous-préfectures de Kintinian et de Doko). .

L'agriculture :

Elle constitue la principale activité de la population. La terre, principal objet de production appartient aux premiers occupants, cependant, elle n’était jamais détenue pour un but lucratif. Ainsi, on la demandait à la famille fondatrice, pour l'obtenir gratuitement. II faut préciser également que les instruments agricoles s'obtenaient facilement et n'étaient pas absolument privés, l'emprunt étant de pratique courante. Les principaux Instruments utilisés dans la production agricole sont : la houe, le coupe-coupe, le bâton, la faucille, ...

On cultive principalement du riz, du manioc, des arachides, des patates douces, des ignames et du maïs. Les rives du fleuve Niger sont fertiles et très propice à la riziculture. Un accroissement de la production de riz dans les plaines inondables assurera une meilleure satisfaction des besoins alimentaires et une amélioration des revenus et conditions de vie des populations.

La pêche :

La pêche en pirogue avec des filets est pratiquée par les Sömönö, population habitant le long du fleuve Niger et vivant des produits de la pêche, qui sont principalement des Capitaines, des Silures, des Carpes, des anguilles et de poissons sols.

En langue locale, nous avons : Tèbèn, Sara, Nana, Krakassa, Fandan, Nyalén djè, Tondo, Krikrikossi, Soukoudén, Manô, Kosso Kônkôn, Mènèn.

Engins de pêche utilisés varient selon qu'il s'agisse des hommes ou des femmes. Les plus courants sont le Djö(le filet) et le Doulen (la canne à pêche)

 Pour les hommes nous avons :

§             Soussou (la nasse) : Spécifiquement utilisé par les garçons de 8 ans d'âge à plus a une hauteur variable de 50 à 120 cm. La nasse a une forme cylindrique et s'ouvre vers le bas par un cercle de 30 à 60 cm de diamètre, le haut se termine par un orifice par lequel passent la main et le bras pour attraper le poisson emprisonné. La nasse est fabriquée  à partir du bambou et s'utilise spécialement dans la pêche collective dans les mares.

§             Söran (le harpon de pêche) : Formé d'une tige de bambou, d'une flèche et d'une corde reliant la flèche au bambou. Cet engin d'une longueur de 2,5 à 3 mètres, est très délicat, il est utilisé  par les hommes très adroits pour la pêche des gros poissons à la vue de leur sillon dans l'eau.

§             Djörö : Cet engin de pêche est long de 0,5 à 1,20 mètre. Il est muni de 3 à 4 barres de fer aiguisées, portées par une tige de bois fabriquée pour la circonstance. Cet engin de pêche est utilisé pour capturer les poissons cachés dans les endroits boueux et couverts d'herbes aquatiques.

Et pour les femmes :

§                Djö koudouni (le filet court) : Ayant une forme sphérique, cet engin de pêche est muni d'un filet de petites mailles (de 10 à 15 mm), adopte la forme d'un entonnoir dérobé à sa partie supérieure autour d'une tige de bambou tordu en cercle. Facile à manipuler, cet engin capture même les poissons de petites tailles.

§                 Dari (le filet conique) : Comme le précédent, le filet conique (de 17 à 30 mm de maille) est plus grand  et très ouvert, il est soutenu par deux tiges de bambou attachées en «V ». Il est destiné à pêcher les poissons de grande taille.

§                 Kömön bada : Associé aux filets court et conique, cet engin flottant qui a la forme d'une gourde sert tout simplement à garder sa proie. Il est relié au pêcheur par une corde.  

Les populations :

De nombreux groupements humains peuplent Siguiri d'aujourd'hui. On y trouve essentiellement les maninka et les sous-groupes assimilés (Djallonka, Ouassoulou-foula et Sarakollé).

En abordant l'histoire des populations de la préfecture de Siguiri, deux constatations semblent retenir l'attention:

- Premièrement la disparition ou l'assimilation totale des premiers occupants (Korogba, Bambara) par les nouveaux venus (maninka).

- Deuxièmement la quasi prédominance aujourd'hui de l'élément maninka dans une région pourtant cosmopolite à l'origine.

La supériorité numérique écrasante des maninka explique le rôle prépondérant et l’impact profond qu'ils exercent sur la vie des autres groupements dont les spécificités semble à peine perceptible. Cependant, il faut reconnaître qu’ils ne sont ni les Premiers ni même les seconds occupants de Siguiri. Ainsi, conformément à la Chronologie, nous avons :

a)- Les Bambara : ayant refoulé les Korogba, les Bambara appartiennent à la grande famille des Koulibaly dont la terre d'asile est le Koulibalydougou (actuelles sous-préfectures de Kiniéran et de Dialakoro).

Ils auraient occupé cette région entre le IXe et le Xe siècles. Chasseur émérite, ils pratiquaient aussi l'agriculture et l'artisanat. Animistes, les Bambara n'embrassèrent que très tardivement la religion musulmane. D'ailleurs, ils restent encore très attachés à leurs cultes.

b)- Les Djallonka : ils viennent immédiatement après les Bambara dans l'occupation des régions du Niger. Ils occupèrent les provinces du Bouré (sous-préfecture de Kintinian), du Bidikah (sous-préfecture de Franwalia), du Ménien (sous-préfecture de Maléa), du Baraka (sous-préfecture de Siguiri), du Görö (sous-préfecture de Naboun).

La principale famille des Djallonka de Siguiri est celle des Camara ; elle serait arrivée dans cette région après la chute du royaume de Soumaoro Kanté au début du XIIIe siècle.

c)- Les Maninka : on les trouve un peu partout dans la préfecture de Siguiri. C'est ainsi qu'un essai de localisation du groupement fait comprendre qu'ils se repartissent tout le long des deux rives du Niger.

Sur la rive droite on les rencontre principalement dans le Diomanoukou (l’actuelle sous-préfecture de Sansando) ; C'est le domaine des Keita. Toujours sur la droite, les Maninka constituent le groupe dominant dans le Kolonkalan (actuelle sous-préfecture de Norassoba) ou vivent en majorité les familles Doumbouya, Magassouba et Traoré.

Sur la rive gauche, on retrouve les Maninka en grand nombre dans le Nouga (actuelle commune urbaine) avec comme familles dominantes les Magassouba, Camara, Traoré et Doumbouya. Dans l'extrême Nord de cette rive, dans le Kendé-Mandé (actuelle sous-préfecture de Nyagassola), c'est encore le domaine des Keita.

Enfin, toujours sur cette rive gauche, la province du Sèkè (actuelle sous-préfecture de Doko), terre habitée par les Magassouba, Camara, Traoré et Simakan et enfin l'actuelle sous-préfecture de Bankon (une ancienne partie de la province du Nouga) est habitée par des familles Traoré, Camara, Doumbouya et Keita.

Ces Maninka sont les fondateurs des provinces qu'ils occupent. Selon la tradition orale et les différentes monographies des- provinces du Haut Niger, les Maninka seraient arrivés dans cette région après leur victoire dans la grande bataille de Kirina en 1235 dans l'espoir d'étendre leurs territoires. L'arrivée des vagues les plus importantes ne s'effectuera qu'entre le XlVe et le XVIe siècles.

d) -Les Ouassolon-Foula : les grandes familles, Peulh vivant dans la préfecture de Siguiri sont celles des Diallo et des Sangaré ; on y rencontre quelques groupements tels que les Diakité et Sidibé. Ils seraient arrivés dans cette région approximativement au même moment que les Maninka.

Pendant longtemps, les familles Peulh de Siguiri se sont particularisées dans la pratique de l'élevage. Cependant, il faut reconnaître que les Ouassoulon-Foula n'ont pas pu bâtir une entité géopolitique solide durable. Ils se sont fixes à côté des autres groupements avec lesquels ils vont développer les relations matrimoniales qui vont favoriser des brassages profonds. Aujourd'hui on rencontre les Ouassoulou-Foula un peu partout à travers la préfecture de siguiri.

e)- Les Sarokollé : on les rencontre principalement dans le Sakodougou. Très tôt islamisés, ce sont les Sarakollé (Sako, Sylla, Touré, Bérété, ....) qui vont aider l'expansion de l'islam dans toutes les régions du haut el du moyen Niger. Ils seront longtemps les imams, les conseillers et les maîtres des rois du Mandé.

Cependant, ils n'arriveront dans Ie Siguiri que tardivement aux environs du XVIIe et du XVIIIe siècles.

II faut retenir enfin, qu'aujourd'hui ces populations ont procédé à un échange profond des éléments de leurs cultures ; ce qui fait croire à beaucoup d'observateur que tout Siguiri appartient à la même aire de culture. Jusqu'au XVIIe siècle Siguiri est une partie intégrante des empires du Soudan médiéval. Mais, au lendemain de la dislocation de l'empire des Keita l'essentiel de l'organisation sociopolitique et économique continuera à s'articuler sur celle du vieux Manding.

Dans toutes les sociétés traditionnelles africaines, les rapports sociaux ont toujours reflété la vie des hommes dans Ie processus de production et de consommation. Dans la société de Siguiri, à l'image des autres sociétés africaines, Ie Système économique est basé sur l'autoconsommation et l'économie reposait sur la communauté familiale villageoise. Le surplus économique n'a jamais permis l'enrichissement de certains individus par rapport à d'autres.

II convient de signaler qu'on ne peut parler d'une division sociale du travail au sens littéral du terme dans cette société. II ne pouvait s'agir là que d'une répartition par tâche encore que celle-ci soit beaucoup poussée. Le bas niveau des forces productives, qui fait de l'énergie humaine un facteur essentiel de la production, imposa une répartition des tâches par âge et par sexe. En effet, les populations de Siguiri étaient fortement étagées et comprenaient fondamentalement :

- Ies aînés : compte tenu de leurs connaissances et de leurs expériences acquises
cours des âges, ils étaient les organisateurs du travail, contrôleurs et gestionnaires du
produit social accumulé à leur niveau ;

- les cadets : hommes et femmes qui constituent des agents effectifs de la production. Au niveau des cadets il y avait aussi une répartition des tâches par âge et par sexe.

L'énergie humaine restait Ie facteur déterminant de la production. Or, cette énergie variait selon l’âge et Ie sexe. De façon générale l'aptitude physique e l'acquisition des connaissances (au sens large du terme) variait dans une proportion inverse.

L'aptitude physique s'épuise avec l’âge, et les connaissances s'acquièrent au fil du temps. Tout ce que nous venons de voir dégage une importance, accordée aux rapports de parenté, autorité des aînés sur les cadets ; tout cela, disons-nous, est redevable au faible niveau des forces productives.

a)- Objet de travail : la terre est toujours demeurée la propriété collective des autochtones. Elle appartient aux ancêtres, d'où les liens de sang qui unissent les membres descendants du clan. Gardienne des morts, elle est aussi le lien privilégie, sacré qui établit les relations entre les ancêtres et la lignée. Pour maintenir les relations et implorer la grâce et la protection des ancêtres, les cérémonies rituelles, offrandes et sacrifices, sont mises en exergue.

b)- Les Instruments de travail : l'outillage est le moyen prépondérant de la mise en valeur de la terre, à cela il faut citer la houe, l'instrument principal ; après ce sont entre autres la hache, le coupe-coupe, la faucille...

Dans la zone de Siguiri, plusieurs événements font l'objet de danses joyeuses. De même qu'il y a des danses circonstancielles qui naissent des innombrables imprévus de l'existence, il y a des danses rituelles issues de l'histoire. Ainsi, au moment où la civilisation Mandingue rayonnait sur une grande partie de l'Ouest Africain, le vautour qui planait habituellement autour des cadavres de l'ennemi fut considéré comme le Symbole de la bravoure. On lui dédia la danse du "Doua" (le vautour). La tradition a adopté cette danse comme une distinction honorifique avec l'avènement d’un monde de paix. Plusieurs danses de ce genre jalonnent l'histoire des populations de Siguiri dans le grand Mandingue. On peut citer :Djandjon, Nyarigbasa, Nankumandjan, Kulandjan... Quant aux danses circonstancielles, elles sont aussi nombreuses que les événements de la vie. Elles se caractérisent souvent par la grande part due à l'improvisation. Le meilleur exemple qu'on puisse donner est celui destiné à animer les récoltes. Pendant cette période tout le village se rassemble pour récolter ensemble les champs de chaque famille. Le soir, au clair de lune; sur la place publique du village cette forme d’assistance collective est l’occasion des grandes festivités et de multiples danses joyeuses. Un événement aussi important qui est le "simbon-si " ou veilles funéraire organise par les chasseurs.

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