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Guinée |
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Des soldats volent, agressent et menacent impunément selon HRW
Des soldats putschistes paradent dans les rues de Conakry, le 24 décembre 2008 A Conakry, ces derniers mois, des soldats ont dévalisé des commerçants, cambriolé des entreprises ou surgi dans les tribunaux pour intimider des juges, selon l'ONG Human Rights Watch (HRW) qui a recueilli des témoignages sur 19 incidents depuis que l'armée a pris le pouvoir fin décembre. Un membre de la junte, interrogé lundi après-midi par l'AFP s'est dit ignorer le contenu de ce rapport publié lundi à Dakar et signé par Corinne Dufka, responsable de HRW en Afrique de l'Ouest. Selon ce texte, une douzaine de soldats, bardés d'armes et sentant l'alcool, se sont présentés le 15 février au siège d'une entreprise de transports. "Ils m'ont dit qu'ils étaient en mission avec l'ordre du Conseil national pour la défense de la démocratie (CNDD, junte) de récupérer les 4x4 que je cachais pour le leader d'un parti d'opposition guinéen. Certains des +bérets rouges+ m'ont accusé de cacher de la drogue et des armes", a raconté à HRW le propriétaire guinéen de la société. Les militaires ont alors obligé les employés à se coucher par terre, explique le patron. "Ils n'ont trouvé ni drogue ni armes, mais ont pris deux ordinateurs, ma voiture personnelle et une importante somme d'argent". Selon HWR, des groupes comptant parfois jusqu'à 20 soldats ont ainsi attaqué des bureaux, des magasins, des cliniques, des maisons. D'autres ont publiquement tenté d'intimider des magistrats: le 23 février, deux soldats sont allés "parader avec leurs longs fusils" dans une salle de tribunal, selon un avocat. L'affaire jugée impliquait un général à la retraite. Dans tous les cas, les soldats savaient qu'ils ne risquaient pas grand-chose. "Le seul cas documenté par HRW où il y a eu une action de l'armée concernait le viol d'une jeune fille de 15 ans. L'officier supérieur du soldat accusé a rendu visite à la famille et a fait en sorte de régler l'affaire en dehors du tribunal", explique Corinne Dufka. Depuis quatre mois, la Guinée vit au rythme des communiqués de la junte et du président autoproclamé, le capitaine Moussa Dadis Camara, qui dit mener une vaste opération "mains propres". Il a pris le pouvoir avec d'autres officiers, sans effusion de sang, le 23 décembre, peu après l'annonce de la mort du général Lansana Conté au pouvoir depuis 24 ans. Depuis, le capitaine Camara ne cesse de répéter que la junte n'a qu'une mission: "combattre le trafic de drogue, les détournements de deniers publics, la corruption, etc.". Mais, selon HRW, "nombre des atteintes aux droits humains documentées par HRW semblent avoir été commises dans le contexte de cette répression". Une après-midi de janvier, un propriétaire de restaurant a ainsi vu arriver des soldats: "ils nous ont dit qu'ils cherchaient de faux médicaments, que c'était nous les Chinois qui les vendions", a-t-il expliqué à HRW. "Je leur ai dit que c'était un restaurant chinois! Qu'est-ce que nous avions à voir avec les médicaments?". Les soldats, eux, se sont servis, emportant des téléphones et des vêtements ainsi que "deux cartons de bière". Dans un pays réputé pour l'indiscipline de son armée, Mme Dufka demande aux "leaders du coup d'Etat de tenir les simples soldats sous contrôle". En août, avant le putsch, l'ONG demandait déjà instamment au Premier ministre Ahmed Tidiane Souaré, renversé le 22 décembre, d'"insister pour que les membres des forces de sécurité responsables de meurtres, de viols et de tortures soient traduits en justice".
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