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Guinée

 

Moussa Dadis Camara est à Ouagadougou

Le capitaine Moussa Dadis Camara.

L. Correau / RFI

Le chef de la junte guinéenne est « lucide et parle », selon la présidence burkinabé. Le capitaine Moussa Dadis Camara a quitté Rabat, le mardi 12 janvier 2010 en fin d'après-midi, où il était hospitalisé depuis le 4 décembre dernier. Son avion s'est posé à 22H30, heures locales, à Ouagadougou. On ne sait pas si la capitale burkinabé est la destination finale ou un simple transit. Moussa Dadis Camara avait été évacué au Maroc après avoir été blessé par balle, à la tête, par son aide de camp. Une délégation de membres de la junte doit se rendre à Ouagadougou ce mercredi 13 janvier.

Arrivé à 22h25 (locale et TU) à bord d’un petit avion marocain de la compagnie King Air, Moussa Dadis Camara était accompagné d’un garde du corps, d’un médecin guinéens et de médecins marocains.

C’est inhabituel pour les hôtes de marque reçus au Burkina Faso, le capitaine Moussa Dadis Camara a été accueilli à l’aéroport militaire. Un accueil discret loin des regards, sans honneurs militaires ni tapis rouge. Habillé d’un manteau avec un blouson par dessus et portant des lunettes, apparemment des verres correcteurs, le capitaine Dadis a fait l’accolade à ses hôtes avant de marcher à pas lents vers le petit salon officiel de l’aéroport militaire. Deux personnes le tenaient aux bras pour l’aider à marcher.

Quelques minutes après seulement, il est sorti du salon et a aussitôt engagé une discussion avec les Marocains qui l’ont amené. Une discussion assez chaude puisqu’on a appris plus tard que le capitaine Camara était surpris de se retrouver à Ouagadougou et demandait à partir immédiatement sur Conakry, là où il croyait se rendre lorsqu’il a embarqué à Rabat. Convaincu quelques dizaines de minutes plus tard par les Burkinabè, il a pris place à bord d’un véhicule 4x4. Le cortège de voitures qui suivait a traversé la ville par des voies contournées, sans sirène ni motards, jusque dans le quartier Ouaga 2000 où il est hébergé dans une villa.

Et maintenant ?

Moussa Dadis Camara désormais à Ouagadougou, que va-t-il faire ensuite ? C’est la grande question. Va-t-il rester dans la capitale burkinabé ou s'agit-il d'une destination de transit ?

Ces dernières semaines, en tout cas, l'éventualité de son retour en Guinée avait suscité l'inquiétude de la France notamment. Le ministre français des Affaires étrangères avait même déclaré, le 22 décembre 2009, que le pays risquait une guerre civile si le capitaine rentrait. Les Etats-Unis seraient aussi « préoccupés » de toute tentative de retour en Guinée du chef de la junte, selon un responsable du département d’Etat.

Depuis le 6 janvier 2010, le général Sékouba Konaté a officiellement pris les rênes du pays. Il a promis d'organiser le plus tôt possible des élections démocratiques, proposé la formation d'un gouvernement d'union nationale et laissé le choix du Premier ministre à l'opposition. Des mesures saluées par Paris, Washington et Rabat.

Cette soirée du mardi 12 janvier 2010, c'est en tout cas la première sortie du capitaine Camara. Comment va-t-il, a-t-il récupéré toutes ses facultés après avoir été blessé à la tête et quelles sont ses intentions ? Ses premières déclarations permettront peut-être d'en savoir plus.

 

Pour le Burkina, un hôte bien encombrant

Les autorités burkinabè ne le cachent pas. Elles ont été prises de court dans cette affaire. C’est en début de soirée que les Marocains leur ont annoncé le départ de Rabat de Moussa Dadis Camara pour Ouagadougou. Le président Blaise Compaoré n’a donc pas eu le temps de donner sa réponse au roi Mohamed VI qui lui avait demandé la veille d’accueillir le capitaine Camara.

Ce dernier était-il devenu gênant pour les Marocains ? Ou est-ce lui-même qui éprouvait le besoin de quitter Rabat qui apparaissait de plus en plus comme un exil pour lui ? Jusqu’à mardi soir, les autorités burkinabè continuaient de se poser des questions sur l’arrivée d’un hôte aussi encombrant.

Néanmoins, le président Blaise Compaoré s’est résolu rapidement assumer son rôle de médiateur. Dès hier soir, Il a rendu visite à Dadis dans la villa où il est hébergé. Et il a usé de ses talents pour le calmer. Ce dernier était très furieux de se retrouver au Burkina alors qu’il croyait se rendre en Guinée.

Compaoré aurait parlé au téléphone à des chefs militaires guinéens qu’on dit proches de Dadis. Histoire de les calmer eux aussi. Et il va devoir user des mêmes talents pour trouver un terrain d’entente entre le capitaine Camara et le général Sékouba Konaté. Le général Konaté attendu ce même 13 janvier dans la capitale burkinabè.

 

    source: RFI

13.01.2010

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