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Guinée

 

RÉPONSE DU  BERGER Á LA BERGÈRE

Suite à la rencontre du 10 juin 2009 sur le Plateau de la RTG à Koloma entre le Président du CNDD et les partis politiques, la société civile, les partenaires au développement et les représentants des missions diplomatiques accréditées en Guinée, le Comité de  coordination des Forces vives a tenu une première réunion le vendredi 12 juin à la Bourse du Travail pour tirer les leçons de cette rencontre ainsi que des éléments de réponse à donner à la requête du Président du CNDD par rapport au chronogramme. La rencontre a duré de 11h45 à 16h45.
L’ordre du Jour de la réunion était la suivante :

-          De l’opportunité de création du Conseil National  d’Orientation Politique et Economique et de sa direction (la nomination de son responsable) ;

-          La question de remise en cause éventuelle du chronogramme des forces vives accepté par le Président du CNDD en mars 2009 ;

-          La question de restructuration des Forces de Défense et de sécurité relative à la stabilité du pays.

A propos du 1er point, il a été clairement dit qu’il est de la compétence, des attributs et/ou des prérogatives du Chef de l’Exécutif de définir les orientations politiques et économiques relatives au bon fonctionnement de l’Etat.

Par ailleurs, il a été également indiqué que la création d’une telle structure est superfétatoire dans le cadre d’une période de courte transition conformément aux vœux exprimés par l’ensemble des Forces vives et des partenaires au développement qui souhaitent un retour rapide à l’ordre constitutionnel. Toutefois, c’est une question qui devrait être discutée sous ses différents aspects. Mieux, cette fonction devrait être exercée, dans les conditions normales, par des départements ministériels ou autres comme la Banque Centrale – BCRG.

A propos du 2è point relatif au chronogramme, il est évident qu’une question fondamentale demeure, celle de la volonté politique des autorités un dialogue franc, inclusif, constructif comme l’a suggéré le Porte Parole des Forces Vives (FV) lors de la rencontre du 10 juin. En clair, l’impérieuse nécessité de créer un contact direct entre le Forum des FV et le CNDD afin d’éviter des incompréhensibles préjudiciables à la paix sociale.

La question de la validation de la révision constitutionnelle a été également soulevée. Sa validation par une ordonnance au lieu d’un Référendum pour gagner du temps, faire des économies à cause du manque cruel de financement  sans compter l’importance d’avoir un fichier électoral assaini et fiable gage de l’organisation d’élections démocratiques, libres et transparentes. Pourtant, il faut noter que la meilleure solution aurait été d’opérer la révision constitutionnelle par une Assemblée constituante issue des élections législatives. A ce propos, la primauté donnée à l’organisation des législatives permet une meilleure maîtrise technique de la Présidentielle par la correction d’éventuels dysfonctionnements observés au cours des législatives.

Au sujet du financement des opérations d’achèvement de l’enrôlement, il serait souhaitable qu’une volonté politique de la junte s’exprime par le décaissement des 15 Milliards réclamés par la CENI, d’autant plus qu’elle dit être engagée à organiser des élections convenables. Dans le cas contraire, des démarches pourraient être menées auprès des partenaires au développement qui ont exprimé clairement leur volonté d’accompagner la transition au niveau des élections. D’ailleurs, des actes concrets ont été posés dans ce sens par eux (voir le récent décaissement de près de 3 Milliards GNF).

D’ailleurs, il est prouvé et admis par la plupart des observateurs et spécialistes des questions  électorales, qu’il est effectivement et matériellement possible de respecter le chronogramme actuel si, une réelle volonté politique est associée à la mise à disposition des moyens financiers nécessaires dans les meilleurs délais.

Concernant le 3è point : Cette question de restructuration des Forces de Défense et de Sécurité est une nécessité impérieuse que la junte doit effectuer avant la fin de la transition. Hélas, on constate avec regret que des dysfonctionnements réels existent à ce niveau quand on sait l’insécurité qui prévaut aujourd’hui dans le pays. Des forces parallèles et incontrôlées fortement armées sévissent avec impunité dans le pays. Que font alors les autorités militaires au pouvoir ? Pour l’instant, rien.

Alors, il est évident que dans de telles conditions l’organisation des élections dans la quiétude semble difficile et compromise. Il est également sûr que des risques graves de guerre civile menacent si les mesures coercitives adéquates ne sont pas prises pour mettre fin définitivement à cette dangereuse situation. Seule une armée républicaine peut garantir la sécurité, la paix et la quiétude après le retour à la légalité constitutionnelle suite aux élections libres et transparentes permettant d’asseoir les jalons d’une véritable démocratie.

Menace vers une dérive dictatoriale et de non respect du chronogramme 

Depuis cette dernière réunion, on constate avec regret une aggravation de la situation du pays. Elle ne fait que se compliquer et se détériorer davantage car, tous les jours qui passent, on se rend compte de plus en plus que les tenants du pouvoir n’ont aucune volonté politique de respecter les engagements pris par rapport à la gestion de la transition et l’organisation des élections courant 2009. Cette disposition d’esprit est patente dans leur comportement quotidien.

D’ailleurs, à la rencontre de ce jeudi, 18 juin 2009, entre les partis politiques et les représentants des membres locaux du Groupe International de Contact, il ressort que tous les partis politiques présents étaient unanimes avec la déclaration faite, à cette occasion, par le Porte Parole, M. Jean Marie Doré, qui a dit ceci : «  nous maintenons notre position par rapport au chronogramme proposé par les forces vives et c’est au Président du CNDD et à son gouvernement de dire pourquoi, il y a blocage au niveau de l’exécution et de proposer une solution de déblocage car, ce sont eux qui sont chargés de l’exécuter ».

A ce propos, les Forces vives ne doivent absolument pas faire d'autres propositions avant que le CNDD ne démontre qu'il est effectivement impossible de respecter le calendrier actuel. La junte militaire notamment Dadis veut que le changement du chronogramme provienne des forces vives afin de dire à la communauté internationale qu'il respecte ses engagement mais, ce sont les forces vives qui lui proposent un nouveau calendrier sans contrainte.

Malheureusement pour lui, Il s’avère que la plupart des partenaires au développement expriment, sans retenue, leurs préoccupations face à la situation politique et sociale en Guinée notamment la France et l’Union européenne.
Voici des réactions récentes réactions d’entre eux :

La France : Pour le ministre des affaires étrangères, M. Bernard Kouchner, la transition en Guinée "doit être brève "et les élections présidentielles doivent se tenir comme prévu les 13 et 27 décembre 2009.

"Nous sommes attachés au respect du calendrier électoral initialement proposé par la coalition des forces vives de Guinée qui doit, conformément aux engagements pris devant le Groupe international de contact sur la Guinée (GIC-G), être mis en oeuvre le plus rapidement possible par la junte."
Il devait également préciser que "Pour la France, comme d’ailleurs pour ses partenaires de la communauté internationale, la préparation des élections doit rester la priorité des autorités au pouvoir. La transition doit être la plus brève possible. La promesse d’organiser les élections d’ici la fin 2009 doit être tenue."
Enfin, le chef de la diplomatie française a aussi exigé des "actes concrets" de la junte militaire et conclu comme suit ::
"Nous attendons du CNDD des actes concrets pour conduire la Guinée sur la voie des élections. La réalisation pleine et entière du calendrier proposé par la coalition des forces vives est essentielle de même que la reprise des opérations de recensement et l’adoption du budget électoral."

L’Union Européenne : Quant à l’organisation continentale, elle n’a pas oublié l’attitude irrespectueuse, le 10 juin dernier, du jeune Capitale de Conakry à l’égard de son représentant malgré ses plates excuses. A cet égard, le Point de presse, le 16 juin 2009, du porte-parole du Ministère des Affaires Etrangères de la France est explicite : 

« Nous avons appris que M Dadis Camara, le chef de la junte, a, le 10 juin dernier à l'occasion d'une rencontre entre le corps diplomatique et la junte, publiquement remis en cause le calendrier qui lui a été proposé par les forces vives fixant les élections législatives au 11 octobre 2009 et l'élection présidentielle aux 13 et 27 décembre. Le chef de la junte a demandé aux forces vives de lui présenter un nouveau calendrier.

Nous sommes attachés au respect du calendrier électoral initialement proposé par la coalition des forces vives de Guinée qui doit, conformément aux engagements pris devant le Groupe international de contact sur la Guinée (
GIC-G), être mis en oeuvre le plus rapidement possible par la junte.
Pour la France, comme d'ailleurs pour ses partenaires de la communauté internationale, la préparation des élections doit rester la priorité des autorités au pouvoir. La transition doit être la plus brève possible. La promesse d'organiser les élections d'ici la fin 2009 doit être tenue.
Pour ce faire, nous attendons du
CNDD des actes concrets pour conduire la Guinée sur la voie des élections. La réalisation pleine et entière du calendrier proposé par la coalition des forces vives est essentielle de même que la reprise des opérations de recensement et l'adoption du budget électoral
 ».

Comme on peut le constater, tous ces éléments concourent à isoler de plus en plus les extrémistes du CNDD qui n’ont pour seule ambition, la confiscation du pouvoir et empêcher ainsi le respect du Chronogramme.

Tous les moyens sont utilisés et bons pour créer des foyers de tension entre le Peuple, les Forces vives et l’armée guinéenne.

Pour preuve, de nouvelles dispositions sont en cours d’être mises en place notamment l’interdiction des activités des partis politiques en Guinée.

Selon des sources concordantes et proches du ministère de l’Administration du territoire et des Affaires politiques, l'interdiction concerne en particulier l'organisation des meetings à l'intérieur du pays.
A ce propos, ce jeudi 18 juin, les autorités administratives (en fait militaires) de la ville de Kérouané ont empêché la tenue du meeting du président de l’UFDG, M. Cellou Dalein Diallo, selon la déclaration de son vice président, M. Amadou Oury Bah :

« Les autorités locales ont empêché sans violence nos militants de se rassembler au lieu où devait se tenir le meeting sans qu’on ne nous donne les raisons".

Dans la même lignée, en avril dernier, il faut rappeler la décision arbitraire et anti-démocratique de la junte militaire qui interdit la retransmission et la diffusion des activités des partis politiques par les médiats d’Etat. De quoi a-t-elle peur ? Que le Peuple ne comprenne pas ses agissements arbitraires notamment des arrestations multiples et/ou ne constate la grande popularité des positions défendues par les partis politiques sur le terrain au moment où certains d’entre eux s’échinent à tromper les populations en sillonnant le pays avec des propos mielleux. C’est le cas de citer les missions de sensibilisation, à travers le pays, d’une certaine jeunesse corrompue à la solde du CNDD.

Il faut dire aux extrémistes de la junte militaire que c’est peine perdue car, le Peuple guinéen n’est pas dupe, il a compris leur jeu. Aujourd’hui en Guinée, la côte de popularité du CNDD et de son Président, le Capitaine Moussa Dadis Camara, est si basse, qu’il serait intelligent et salutaire qu’il organise rapidement les élections conformément au Chronogramme. C’est la seule voie de sortie honorable que les patriotes au sein de l’armée doivent emprunter pour éviter la catastrophe source de tensions sociales imminentes. 

Désormais, face à cette dictature rampante, nous patriotes guinéens, nous devons prendre notre destin en main et exiger le respect du chronogramme pour la tenue des élections libres et transparentes. L''instauration d'un véritable Etat de droit dans notre Guinée, passe obligatoirement par l'organisation des élections législatives au 11 octobre et l’élection présidentielle au 13 et 27 décembre 2009. C’est la meilleure voie de sortie de crise.

A l’instar du Peuple mauritanien qui s’est fermement opposé à la dictature de la junte militaire, le peuple de Guinée doit suivre cet exemple. C’est pourquoi, TOUS les patriotes et démocrates guinéens ainsi que les amis de la Guinée doivent se retrouver autour du seul MOT D’ORDRE : le respect scrupuleux du Chronogramme et le départ de la junte dans les meilleurs délais après les élections de fin d’année 2009.

Patriotes guinéens, unissons-nous pour instaurer la démocratie et faisons en sorte que les sacrifices des vaillants fils de Guinée en juin 2006 et janvier février 2007 ne soient vains.

 

Unis face à la junte, nous vaincrons

 

Conakry, le 20 juin 2009                                        Collectif des Jeunes Patriotes

 

   

 

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