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Dossiers spéciaux

Guillaume Soro

Portrait d'un jeune étudiant devenu chef rebelle

« Notre secrétaire général a pour nom Soro Kigbafori Guillaume. » La nouvelle tombe, le 14 octobre 2002, alors que la Côte d'Ivoire, en proie à une rébellion armée depuis près d'un mois, est coupée en deux, et que les combats sévissent entre les forces armées loyalistes et des militaires insurgés. L'annonce était faite par l'adjudant Tuo Fozié et le sergent Chérif Ousmane, les deux premiers visages connus de la rébellion. Stupeur !

Ainsi le MPCI (Mouvement patriotique de Côte d'Ivoire), qui tient en haleine le pays et une partie du monde, et dont on ne connaissait jusqu'alors que quelques têtes militaires, dispose d'une branche politique dirigée par un jeune ! L'animateur du mouvement n'est pas un inconnu. Loin s'en faut. Soro s'était, certes, mis en retrait depuis l'année 2000. Mais personne n'avait pu oublier celui qui dirigea la très puissante FESCI (Fédération estudiantine et scolaire de Côte d'Ivoire) entre 1995 et 1998.En apprenant la nouvelle, certains Ivoiriens -ses adversaires de l'époque - n'ont certainement pas manqué de s'interroger. Mais que fait ce jeune homme dans cette galère ? Aurait-il renié ses principes républicains ? Irresponsable ? Simple marionnette manipulée ? Ou au contraire un homme qui sait où il va ?Si l'on compare le Soro des années FESCI avec celui du MPCI, le personnage ne semble pas avoir fondamentalement changé. Certes, il n'a plus la barbichette qu'il portait étudiant, pour se vieillir, et il s'est arrondi. Ce n'est plus l'étudiant filiforme qui haranguait les foules au milieu des années quatre-vingt-dix. Il a pris de l'âge, aussi, comme tout un chacun. Mais il est encore jeune. Il n'a que 30 ans quand il est désigné à la tête du MPCI.

Il est né, en effet le 8 mai 1972, à Ferkessédougou, dans le nord de la Côte d'Ivoire. Il est de l'ethnie Sénoufo, (Kigbafori signifie « l'invincible », en sénoufo). Une particularité qu'il n'aime pas mettre en avant. Pas plus que son appartenance religieuse. Et pourtant, c'est un catholique très pratiquant, qui prie tous les jours. L'influence du petit séminaire de Katiola, dont il a suivi l'enseignement ? Ce qui ne l'empêche pas d'être « ouvert et tolérant. II communique avec tout le monde, peu importe la religion et l'origine », souligne Philippe Kouhon, un ancien étudiant, aujourd'hui journaliste. Aussi, quand d'aucuns prétendent qu'il aurait dirigé le Mouvement des jeunes du Grand Nord, cela agace quelque peu Doumbia Major, ex-secrétaire national à l'organisation de la FLASH (Faculté des lettres, des arts et des sciences humaines) au sein de la FESCI. « Soro a animé des conférences à l'invitation de ce mouvement. Mais il ne peut pas l'avoir dirigé ni créé. Il a toujours lutté contre les organisations à caractère tribal », martèle-t-il. Sa femme, Sylvie Tagro, avec qui il a deux enfants - un garçon et une fille -, est d'ailleurs une Bété, originaire de Daloa.

On le dit opposé à toute forme d'exclusion et d'injustice. Le contexte des années quatre-vingt-dix en Côte d'Ivoire qui sera décisif dans son engagement. Soro appartient, en effet, à la génération des « conjoncturés », celle du chômage, de la crise économique, de l'ajustement structurel, des budgets compressés - notamment ceux consacrés à l'éducation. Il fait partie aussi de la jeunesse qui voit naître le multipartisme. Il est au lycée quand est créée la FESCI, le 20 avril 1990. Un syndicat dont l'émergence a été largement encouragée par le FPI, et qui se pose comme l'antithèse du MEECI (Mouvement des étudiants et des élèves de Côte d'Ivoire), pur produit du monopartisme inféodé au PDCI (Parti démocratique de Côte d'Ivoire). Tandis que des grèves éclatent, hors des campus la contestation politique et sociale bat son plein. Cette conjonction portera le coup de grâce à trente années de parti unique. Le 30 avril, Houphouët Boigny, le premier président de Côte d'Ivoire, instaure le multipartisme. Une victoire revendiquée par la jeunesse ivoirienne qui lui donnera à penser qu'elle est seule capable d'apporter les changements politiques dont le pays a besoin. Soro est toujours au lycée quand la FESCI est dissoute, en juin 1991, après le lynchage, dans une cité universitaire d'Abidjan, d'un étudiant soupçonné de sympathies avec le pouvoir, alors qu'Alassane Ouattara est Premier ministre.

Quand il entre à l'université d'Abidjan, pour y suivre des études d'anglais, c'est tout naturellement qu'il adhère à la FESCI, alors clandestine, et dirigée par Martial Ahipeaud. À cette époque, beaucoup de militants du syndicat sont membres du FPI, qui représente pour cette jeunesse un modèle de lutte pour la démocratie et la justice. D'après ses proches, Soro fait, lui aussi, faisait partie du FPI. À ce titre, Laurent Gbagbo, avec qui il était souvent en contact, n'a pas de mystères pour lui. Lors de la table ronde de Marcoussis, en janvier dernier, Soro n'a pas manqué pas de dire au dirigeant du FPI qu'il connaissait bien ses méthodes. Inutile. donc, de chercher à l'intimider. En 1995, à 23 ans, il devient le secrétaire général de la FESCI. Une « promotion » qu'il doit à ses talents de leader, qui ont d'ailleurs impressionné ses interlocuteurs lors de la table ronde de Marcoussis. Soro se distingue très vite, en effet, par son charisme, sa capacité à diriger. Un trait de sa personnalité qui semble en opposition avec sa réserve, que soulignent ses amis d'alors. Cette lacune semble palliée par son éloquence. « C'est un vrai tribun, qui connaît parfaitement la langue de Molière. Il s'exprime sans note. Il est précis et synthétique », admire un jeune Français venu l'écouter, lors d'une de ses conférences de presse à Paris. À Marcoussis, à Accra et à Dakar, les talents de dirigeant et d'orateur, ainsi que la capacité à négocier de Soro, n'ont pas échappé à ses interlocuteurs. Son ascendant « naturel » le distingue de ses coéquipiers, et c'est à lui que certains chefs d'État, les membres de la Communauté internationale et les formations politiques ivoiriennes présents s'adressent spontanément.

 Le Président Gbagbo avec son ennemi intime, G. Soro chef de la rébellion

De tous les adversaires de Gbagbo, Soro se veut le plus vigilant, le plus intransigeant et le plus obstiné. À croire qu'il incarne à lui seul toute l'opposition. Il a toujours une touche d'avance sur Ouattara ou Bédié. Son audace et la cohérence de son discours ont séduit nombre de chefs d'État venus au secours de la Côte d'Ivoire.

l a mis en place un système D pour pallier à l'absence de l'administration, pour que les élèves aillent en classe. Il lance un projet d'académie de police. Il concocte un projet de banque. Idem pour une loterie, une caisse d'épargne, une maison d'assurance... Il a également restructuré les Forces armées des Forces nouvelles (FAFN) et leur état-major que dirige le Général Soumaila Bakayoko. Il a nommé de nouveaux commandants de zone (qu'on a vite fait d'assimiler à des préfets à Abidjan) et organisé en février dernier, comme en 2003, un forum économique et social pour faire face aux problèmes de santé et d'éducation. Il a mis en place une sorte d'administration et une brigade économique pour encadrer les opérateurs.

Pendant les années de lutte estudiantine, celui que l'on surnommera le « Che », en raison de ses positions très à gauche, et en référence au leader de la révolution cubaine- un de ses modèles, avec Nelson Mandela -, le « Général » ou encore « Bogota », un nom de code dans un contexte de clandestinité, donnera du fil à retordre aux autorités ivoiriennes. Car la FESCI, bien qu'interdite, n'a pas désarmé. Grèves - dont celle de 1997, qui dure six mois -, marches et années blanches se succèdent. Arrêté et emprisonné à plusieurs reprises, Soro fait connaissance avec la célèbre Maca (Maison d'arrêt et de correction d'Abidjan). Au bout du compte, ses objectifs seront atteints. Fin septembre 1997, de guerre lasse, Henri Konan Bédié, le chef de l'État, décide d'organiser une concertation nationale sur l'enseignement supérieur. À l'issue de la conférence, il annonce un certain nombre de mesures en faveur des étudiants (paiement d'arriérés de bourses, une revendication de la FESCI, construction de nouveaux logements pour étudiants, réhabilitation de résidences universitaires, révision du système académique des unités de valeur, etc.). Et pour couronner le tout, l'interdiction du syndicat est finalement levée. Néanmoins, la lutte se poursuit, accompagnée de nouveaux démêlés avec le pouvoir.

Le Secrétaire général des Forces Nouvelles et le 1er ministre Charles Konan Banni

La fin du mandat de Soro est marquée par des affrontements armés entre étudiants. Ce qui vaudra au secrétaire général les foudres de ses adversaires, qui lui reprocheront de ne rien avoir apporté de constructif, sinon « les pugilats à la machette ». Fin 1998, Soro est remplacé à la direction du syndicat par Charles Blé Goudé. Il aurait renoncé à un second mandat, selon certains. D'autres avancent qu'une opération aurait été montée contre lui pour l'empêcher d'être reconduit à la tête du syndicat. À cette époque, les partis politiques tentent plus que jamais de récupérer le dynamisme de la FESCI, traversée par divers courants.

Sa maîtrise d'anglais en poche, Soro tente de poursuivre ses études en France. Mais il ne peut obtenir un visa de longue durée. Il fait, entre temps, un saut à Londres, où il rencontre d'anciens étudiants en exil, dont certains ont fondé l'USP (Union socialiste des peuples de Côte d'Ivoire). Il réapparaît à Abidjan, quand le général Robert Gui prend le pouvoir, à la faveur d'un coup d'État, en décembre 1999. À partir de ce moment-là, le Che, qui n'a pas renoncé à ses idéaux de gauche et à la lutte, va prendre une nouvelle direction : celle de la politique. Guéi représenterait-il l'espoir du changement, le point de départ de quelque chose de différent ? Soro veut y croire. Il organise un immense meeting au stade Houphouët-Boigny, à Abidjan, au cours duquel il lance l'idée d'une opération « mains propres » contre les anciens dignitaires du régime déchu. Mais il est vite déçu par le Comité national de salut public (CNSP), largement noyauté par Gbagbo. Celui-ci « tirait les ficelles », précise Louis André Dacoury-Tabley, qui a rompu avec le FPI.

Quelle alternative politique reste-t-il à l'ancien dirigeant syndical, après les élections présidentielles d'octobre 2000 qui portent Gbagbo à la tête du pays ? Depuis 1998, comme beaucoup d'autres, Soro a pris ses distances avec le FPI. Il a refusé d'ailleurs « de prendre la direction de la jeunesse du FPI, considérant que Gbagbo s'était éloigné des valeurs de la gauche et dérivait vers l'ivoirité », précise un proche. Le PDCI est plus que jamais en déroute. C'est le Rassemblement des républicains (RDR) d'Alassane Ouattara, créé en 1994, pourtant connoté à droite, qui apparaît à Soro comme le seul parti capable de lutter « contre l'apartheid social et ethnique que connaît le pays », rapporte Doumbia. Le seul à défendre des valeurs humanistes, auxquelles il est fortement attaché, et à permettre le débat. Le Front républicain (qui rassemble le RDR et deux autres partis) a, en effet, instauré un espace « où tous se trouvaient à l'aise », précise Dacoury. Soro n'adhérera pas au RDR. Mais, à la faveur des élections législatives de décembre 2000/janvier 2001, il se présente, à Port-Bouët, une commune populaire d'Abidjan, comme colistier sur la liste RDR d'Henriette Diabaté, « une femme qu'il admire beaucoup pour son courage et ses prises de position », rapporte Doumbia. Mais le RDR boycotte le scrutin et se retire de la course.

Soro songe alors à créer un parti politique, comme bien d'autres, d'ailleurs. En 2000, Soro, qui n'est plus en odeur de sainteté, disparaît. Bien qu'il ne soit plus étudiant, il est accusé d'être à l'origine de la fracture au sein de la FESCI qui s'est scindée en deux courants, l'un dirigé par Doumbia et l'autre par Blé Goudé. Et s'il revient parfois en Côte d'Ivoire, c'est clandestinement. Les pays de la sous-région - et l'Europe (France, Grande-Bretagne, Allemagne) - abritent une flopée de réfugiés politiques et d'exilés ivoiriens qui ont fui les régimes successifs : Bédié, Guéi, Gbagbo. Des civils, d'ex-étudiants, mais aussi des militaires, des sous-officiers de l'armée ivoirienne - Tuo Fozié, Chérif Ousmane, Zakaria Koné... - qui avaient aidé Guéi à prendre le pouvoir, puis se sont enfuis.

C'est à Bamako et à Ouagadougou, notamment, que beaucoup se retrouvent. Et discutent. Des contacts se nouent, autour d'un plat, entre militaires et civils qui se frottent les uns aux autres et apprennent à se connaître. Soro ne faillit pas à sa réputation d'homme généreux. « L'exil, c'est dur. Beaucoup n'avaient pas grand-chose. Alors, quand on te donne du pain, ça crée des liens forts. Tu as confiance et tu t'en souviens », explique un proche. On peut donc imaginer que l'idée de créer le MPCI a pris corps dans ce contexte. Car, bien entendu, les « exilés » ne sont pas restés inactifs. « À la périphérie des dictatures, dans les espaces apaisés, il y a toujours des activismes qui se créent », souligne Dacoury. Ainsi, au fil des jours, les discussions vont bon train et les projets s'édifient. Qui - des militaires ou des civils - a pris l'initiative ? Difficile de répondre. Une idée partagée, sans nul doute.

« C'est un vrai chef, on lui fait totalement confiance. Il a une aura. Il a le sens des responsabilités, et c'est un grand travailleur. Il est capable de bosser dix-huit heures par jour », confie Ousmane Fofana, un membre du MPCI. Reste que, pour sortir de la clandestinité, il faut prendre des risques, accepter de se sacrifier. Soro n'a visiblement pas hésité. Aujourd'hui, l'homme est devenu une sorte de star. Pas pour ses ennemis, bien sûr, qui le diabolisent. « C'est un chef terroriste. C'est son vrai métier. Jamais il ne mettra les pieds à Abidjan », s'indigne un jeune Ivoirien. Ses talents de dirigeant et d'orateur, ainsi que ses capacités de négociation, n'ont pas échappé à ses interlocuteurs lors des différentes rencontres. Son audace et la cohérence de son discours ont pu séduire nombre de chefs d'État venus au secours de la Côte d'Ivoire. Le président Gnassingbé Eyadéma qui a accueilli les premières négociations interivoiriennes, a manifesté une tendresse quasi paternelle au chef de file des insurgés de Bouaké. Son homologue sénégalais, Abdoulaye Wade, également. En marge du sommet de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao), en décembre2002, dans la capitale sénégalaise, le Nigérian Olusegun Obasanjo a étouffé, après une intervention de Soro, un bravo qui aurait pu paraître incongru à certains de ses pairs. Avant de soupirer « La confiance de ce garçon est tellement contagieuse. » À la rencontre de Kléber, fin janvier 2003 à Paris, alors que les postes du gouvernement de réconciliation nationale étaient en discussion devant Gbagbo, Chirac, Kofi Annan, Seydou Elimane Diarra, Bédié, Ouattara, le Gabonais Omar Bongo Ondimba s'est exclamé : « Mais il est malin le petit!... Tu es gourmand, il faut en laisser [des ministères] aux autres... » Comme un père qui rabroue son enfant.

Soro est jeune, 34 ans, et brillant, il a du talent et du bagout, il n'a pas froid aux yeux ; il a le goût du contact, un côté enjoué et volontiers goguenard. Et cela a plu, d'autant qu'il aime plaisanter et sait faire rire. Kofi Annan, par exemple, quand il l'interpelle ainsi au sommet d'Accra, à la fin de juillet 2004: « Monsieur le Secrétaire général, ne me laissez pas comme ça, sans travail. Il faut demander qu'on me remette à mon poste. Je veux rester ministre. J'aime ça. » Chez lui, le corps pourtant rond refuse souvent d'enrober le verbe. Il est direct. Bédié l'a appris à ses dépens, qu'il a violemment pris un jour à partie : « L'ivoirité et toutes les conneries, c'est vous... »

Avec Dominique de Villepin, alors ministre des Affaires étrangères français, à Bouaké, le 4 janvier 2003 

Ses flèches ne ratent pas non plus le Premier ministre Diarra auquel il reproche son manque de fermeté face à Gbagbo. Une certitude: Soro n'entend pas laisser les coudées franches au chef de l'État ivoirien.Dans un livre écrit avec le journaliste béninois Serge Daniel, correspondant de Radio France internationale à Bamako et fin connaisseur de la rébellion, à paraître à la fin de mars chez Hachette, Soro évoque volontiers une fédération et non une sécession. Mais la partition est là. De fait. Avec cette zone de confiance, comme une balafre, dont il confesse volontiers ne pas s'accommoder. Il le répète de conclave en sommet, de Paris à Pretoria, en passant par Accra, Dakar, Addis-Abeba, Libreville, Ouagadougou, Bamako ou Abuja. Partout... Mais au fil du temps et de ces différentes étapes, c'est la confusion, la polémique, la surenchère et l'incertitude qui gagnent.

Le Robin des bois d'antan, celui du campus ivoirien, a acquis une nouvelle dimension. Sa renommée est désormais internationale. Son mouvement a une réalité propre, distincte du RDR dont il n'est pas la branche armée, contrairement à ce que certains ont prétendu. Certes, Soro n'est pas éligible à la présidentielle de 2005 même si, selon les accords de Marcoussis, l'âge pour se présenter à la présidence doit être ramené de 40 ans à 35 ans. Nous ne savons pas ce que l'avenir lui réserve, mais il reste incontournable dans la gestion de la crise actuelle. Actuellement, l'incertitude domine après les menaces du Général Mathias Doué et l'échec de la médiation sud-africaine. Après avoir été le seul chef d'État à ne pas reconnaître la légitimité du président Gbagbo en 2000, Thabo M'Beki vient de faire un virage de 180°. En attendant prions pour que la paix revienne dans ce pays autrefois vitrine de l'Afrique de l'ouest.

Lamine SINANI

01/09/2006

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